Prévention et santé psychologique au travail · 9 min · 30 octobre 2026
Prévention RPS au Québec
Risques psychosociaux au travail : 5 étapes pour agir dans votre organisation
Analyse proposée par Exact RH
Surcharge récurrente, tensions dans l’équipe, priorités contradictoires : ces situations méritent un examen de l’organisation du travail. Découvrez comment repérer les facteurs de risque, choisir des mesures concrètes et vérifier qu’elles améliorent la situation dans votre PME ou votre OBNL au Québec.
Comment prévenir les risques psychosociaux au travail
Une équipe peut recevoir de l’aide pour gérer son stress et continuer à subir une charge irréaliste. Pour la direction, l’enjeu est donc aussi de regarder les tâches, les ressources, les délais et les pratiques de gestion qui créent ou aggravent la pression.
Quels risques psychosociaux faut-il examiner
Les risques psychosociaux liés au travail peuvent compromettre la santé physique et psychologique. La CNESST distingue notamment les situations de violence, de harcèlement et d’exposition à un événement potentiellement traumatique, ainsi que les facteurs organisationnels à examiner dans la prévention. Consulter les repères de la CNESST
Les cinq facteurs ci-dessous permettent d’amorcer l’examen du fonctionnement quotidien. Ils doivent être considérés ensemble : une faible autonomie peut, par exemple, rendre une charge déjà élevée plus difficile à gérer. Voir les facteurs présentés par la CNESST
| Facteur organisationnel | Signaux à examiner | Première question à poser |
|---|---|---|
| Charge de travail | Retards répétés, heures supplémentaires, urgences concurrentes | Quelles tâches faut-il maintenir, reporter, redistribuer ou arrêter? |
| Autonomie décisionnelle | Approbations multiples pour des décisions courantes, peu de latitude | Quelles décisions peuvent être prises sans nouvelle autorisation? |
| Reconnaissance | Efforts peu visibles, rétroaction centrée sur les erreurs | Comment reconnaître les contributions et le travail réellement accompli? |
| Soutien au travail | Gestionnaire difficile à joindre, manque de relève ou d’entraide | Qui aide une personne quand sa charge dépasse ses capacités? |
| Justice organisationnelle | Critères flous, règles appliquées différemment, décisions mal expliquées | Les critères sont-ils cohérents, connus et appliqués équitablement? |
Ces signaux servent à orienter l’analyse. Ils ne permettent pas de poser un diagnostic médical ou de conclure, à eux seuls, à une situation de harcèlement.
Vous reconnaissez plusieurs de ces situations dans votre équipe? Un premier échange peut vous aider à préciser les facteurs à examiner et les prochaines étapes.
Le premier échange permet de préciser votre situation, vos priorités et la portée d’un éventuel accompagnement.
Quelles sont les obligations de prévention au Québec
La Loi sur la santé et la sécurité du travail prévoit la protection de la santé et de l’intégrité physique et psychique des travailleurs. Les risques psychosociaux doivent faire partie de la démarche de prévention. Le mécanisme à mettre en place dépend notamment de l’établissement, de son effectif et des règles particulières applicables.
Les repères généraux de la CNESST sont les suivants :
- 19 travailleurs ou moins : un plan d’action, sous réserve des situations imposant un programme de prévention;
- 20 travailleurs ou plus : un programme de prévention;
- membre d’une mutuelle de prévention : un programme de prévention est requis, même dans un petit établissement.
D’autres situations, dont l’approche par multiétablissements ou une exigence de la CNESST, peuvent modifier l’analyse. Le calcul de l’effectif suit aussi des règles précises. Vérifiez les mécanismes de prévention et de participation applicables et les situations nécessitant un programme de prévention.
La démarche doit vivre sur le terrain : les documents servent à organiser et à suivre les mesures. Pour examiner votre cadre de prévention, consultez notre accompagnement en santé et sécurité au travail.
Les 5 étapes pour prévenir les RPS dans votre organisation
Les étapes suivantes constituent une méthode de gestion proposée par Exact RH. Elles doivent être adaptées aux risques présents et aux obligations applicables à votre établissement.
1. Recueillir les faits et consulter le personnel
Commencez par ce que vous pouvez observer : périodes de surcharge, absences, départs, heures supplémentaires, incidents ou difficultés récurrentes. Croisez ces données avec les échanges auprès du personnel et les mécanismes de participation en place.
Posez des questions sur le travail : « À quel moment la charge devient-elle difficile à absorber? », « Quelles demandes se contredisent? » ou « Quel soutien vous manque pour terminer la tâche? ».
2. Analyser les causes dans l’organisation du travail
Un retard répété peut venir d’un volume trop élevé, d’une procédure inutilement longue, d’un manque de formation ou d’attentes contradictoires. Cherchez ce qui explique la situation avant de choisir une solution.
Distinguez les faits des interprétations. « Trois personnes attendent la même approbation chaque vendredi » permet une analyse plus utile que « l’équipe manque d’autonomie ».
3. Prioriser les risques et attribuer les actions
Évaluez les risques selon leur gravité, la fréquence d’exposition et les mesures existantes. Cette priorisation sert à organiser le travail; elle ne justifie pas de reporter une protection nécessaire devant un danger.
Pour chaque mesure, nommez un responsable qui dispose de l’autorité et des ressources nécessaires. Définissez ce qui doit être fait et à quel moment les résultats seront examinés.
4. Modifier les conditions qui alimentent le risque
Choisissez une mesure liée à la cause observée : revoir la répartition des urgences, clarifier les priorités, ajuster les délais ou définir les décisions que l’équipe peut prendre elle-même.
Le soutien individuel et les ressources d’aide conservent leur place. Une charge de travail durablement excessive demande aussi des décisions sur le volume, les ressources ou l’organisation des tâches.
5. Vérifier les effets et ajuster les mesures
Demandez si la mesure fonctionne dans le travail réel. Les urgences sont-elles mieux réparties? Les approbations bloquent-elles encore les tâches? La surcharge diminue-t-elle sans se déplacer vers une autre équipe?
La CNESST rappelle que l’employeur doit appliquer son plan d’action, effectuer les suivis et vérifier l’efficacité des mesures. Consulter les repères sur l’application du plan d’action

Exemple de mesure et de suivi pour une surcharge récurrente
Voici un exemple fictif pour une équipe qui reçoit trop de demandes dites urgentes. Les mesures, les rôles et les dates doivent être adaptés à la réalité de chaque organisation.
| Élément | Exemple concret |
|---|---|
| Situation à corriger | Les demandes urgentes s’ajoutent aux tâches sans que les priorités soient révisées. |
| Mesure | Centraliser les demandes et confier au gestionnaire l’arbitrage entre nouvelles urgences et travaux déjà prévus. |
| Responsable | Le gestionnaire de l’équipe, avec le soutien de la direction pour les arbitrages dépassant son autorité. |
| Suivi proposé | Prévoir un premier retour après deux semaines d’essai, puis ajuster la fréquence selon les résultats. Ce délai est un exemple de gestion, pas un délai légal. |
| Vérification | Examiner les tâches reportées, les heures supplémentaires et les commentaires de l’équipe; vérifier que la pression n’a pas simplement été déplacée. |
Vous avez des constats, mais les mesures restent difficiles à choisir? Exact RH peut vous aider à structurer votre démarche et à préciser les interventions prioritaires.
Un premier échange permet de préciser les interventions possibles sans promettre de diagnostic complet gratuit.
Comment un diagnostic organisationnel peut aider
Un questionnaire ou un diagnostic peut aider à faire ressortir des perceptions et des situations qu’une réunion de gestion ne révèle pas. Son intérêt dépend de la façon dont les résultats seront analysés, expliqués et utilisés.
Exact360 est une initiative propulsée par Exact RH. Selon le parcours retenu, l’outil peut soutenir le portrait organisationnel et la priorisation. Les modalités de collecte, d’accès aux réponses et de présentation des résultats doivent être précisées avant la démarche.
Découvrir Exact360 et son rôle dans la démarche
Un tel outil ne remplace ni une enquête de harcèlement, ni une analyse juridique, ni une évaluation clinique. Un signalement exige le traitement approprié, même si un sondage est en cours.
Questions fréquentes sur les risques psychosociaux
Qu’est-ce qu’un risque psychosocial au travail
Un risque psychosocial lié au travail peut affecter la santé physique ou psychologique. La prévention examine notamment la violence, le harcèlement, les événements potentiellement traumatiques et les facteurs organisationnels comme la charge de travail, le soutien ou l’autonomie.
Les petites organisations doivent-elles prévenir les RPS
Oui. La petite taille ne dispense pas de protéger la santé et la sécurité. Le plan d’action ou le programme à appliquer dépend notamment de l’établissement, du nombre de travailleurs et des règles particulières, dont celles liées aux mutuelles de prévention.
Un sondage RPS suffit-il pour être conforme
Non. Un sondage sert à recueillir de l’information. Il doit être suivi d’une analyse, de mesures adaptées et d’une vérification de leur efficacité. Il ne remplace pas les mécanismes de prévention requis.
Quelle est la différence entre RPS et harcèlement
Le harcèlement est une situation à prévenir et à traiter dans le cadre des RPS. La prévention des RPS couvre aussi d’autres situations et des facteurs liés au travail. Un signalement de harcèlement ne doit pas être traité uniquement comme un indicateur de climat d’équipe.
Par où commencer si plusieurs problèmes sont présents
Décrivez les situations en faits, recueillez les informations pertinentes et évaluez les risques pour organiser les interventions. Prenez sans attendre les mesures de protection nécessaires lorsqu’une situation le requiert. Attribuez ensuite les actions et prévoyez leur suivi.
Comment Exact RH peut-elle accompagner notre organisation
Exact RH accompagne les PME et les OBNL du Québec pour examiner les facteurs de risque, préciser les priorités et structurer les mesures de prévention selon le mandat convenu. Un premier échange permet de clarifier le besoin. Consultez notre accompagnement en risques psychosociaux.
Vous observez de la surcharge, des tensions ou un manque de soutien? Vous avez déjà consulté le personnel, mais vous souhaitez mieux organiser la suite? Discutons de votre situation pour préciser les facteurs à examiner et les prochaines étapes de votre démarche RPS. La première consultation permet de préciser votre besoin et la portée d’un éventuel accompagnement. Aucun renseignement médical ni récit nominatif n’est nécessaire dans le formulaire de prise de contact.
Poursuivre votre démarche de prévention
- Accompagnement en risques psychosociaux
Situer votre besoin et les formes d’accompagnement RPS possibles.
- Santé et sécurité au travail
Examiner les mécanismes de prévention, le plan d’action et le programme de prévention.
- Repérer les signes précoces des risques psychosociaux
Approfondir l’observation des signaux avant qu’une situation se détériore.
- Réagir lorsqu’un employé ne parvient plus à suivre
Aborder la réponse de gestion à une situation individuelle de surcharge.
Sources et références
- CNESST - Risques pour la santé psychologique et facteurs de risque
- CNESST - Facteurs de risques psychosociaux liés au travail
- CNESST - Mécanismes de prévention et de participation en établissement
- CNESST - Programme de prévention pour un établissement
- CNESST - Appliquer le plan d’action
- LégisQuébec - Loi sur la santé et la sécurité du travail